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Pour bien commencer l’année 2014 avec une teinte underground on a décidé de profiter d’une relance de promotion sur AllCity et des 30 ans de Subway Art pour s’offrir un petit « Back in the dayz » dans les années 80-90 avec Henry Chalfant et Martha Cooper.

Si ces deux noms ne vous disent rien c’est que vous êtes passé à côté de deux légendes urbaines du graffiti dans les années 80. Vous l’avez remarqué, ce ne sont pas des blazes de writers mais bel et bien des vrais noms de photographes. Et oui, car Martha et Henry ont eu le privilège pendant plusieurs années de balader leur objectif photographique lors des escapades vandales de Futura2000, Skeme, Blade, Seen, Dondi et bien d’autres.

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Même si ces noms vous sont inconnus, leurs photographies vous sont probablement familières à coup de scènes mythiques dans le métro new-yorkais ou de ganaches de Futura2000 ou Skeme à base de grosses moumoutes sous un vieux bob. Pas de bling bling ni de style ghetto chez ce duo urbain qui pourrait très bien être Mami Georgette et Papi Robert aujourd’hui. Oui car ça fait un petit bout de temps quand même, puisque c’était il y a plus de 30 ans, en 1984, que Subway Art trouvait enfin sa place sur les étagères chez les libraires du coin. Le bouquin se vend comme des petits pains et inspire plus d’un millier d’artistes et de fans à travers le monde avec ses photographies de graffiti, de writers et autres scènes de vie Hip Hop new-yorkaises.

Bon mais alors, comment Henry et Martha ont réussi à passer du côté obscur sans faire partie du gratin ? L’histoire débute aux alentours de 1976 lorsque Henry, originellement sculpteur, se rend compte du potentiel de ses photos de graffiti prises de façon hasardeuse dans les trains. Ce dernier veut alors aller plus loin en rencontrant des vrais graffeurs, ce qui est loin d’être une mince affaire. Vous vous imaginez qu’un homme d’une quarantaine d’années avec une calvitie naissante, des petites lunettes binoclardes et des chemises de baroudeur, n’était pas trop le type de personnes que les writers étaient habitués à côtoyer à l’époque.

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Pourtant, à force de persévérance et de bouche à oreille, il se fait une place dans le milieu et organise sa première exposition à la galerie OK Harris quatre ans plus tard. Pendant ce temps, Martha Cooper mène un projet photographique sur la créativité des enfants du quartier new-yorkais Lower East Side. Indéniablement, son chemin a fini par croiser celui du graffiti et de Chalfant. Leur style différent s’est immédiatement complété (Martha préférant des scènes d’action ou de vie contrairement à Chalfant préférant des close-up des pièces) jusqu’à en faire un livre, le fameux Subway Art. Âgées de 70 ans aujourd’hui, ces deux têtes brûlées ont ralenti la cadence mais n’ont pas pour autant rejoint les bancs du troisième âge en continuant des projets personnels reliés ou non au graffiti.

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Si vous voulez avoir donc ces fameuses photos chez vous, vous pouvez vous procurer le livre assez facilement, sachant que la première édition revient plus sur l’histoire du graffiti alors que la deuxième sur leurs pratiques photographiques urbaines. Et si vous n’êtes pas décidé, jetez œil à cette excellente vidéo de l’époque montrant Martha et Henry à l’oeuvre à ne pas rater.

Source

  1. Sylvie
    Août 28, 2014

    Je trouve que les graffitis sont témoins du désordre de la société. Ne trouvez-vous pas que c’est désagréable à regarder. On dirait que l’on cultive intentionnellement l’anarchie.

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