yapasdheure

« Ya pas d’heure, pour un bon couscous merguez… ». Ces grands cons nous la mettent bien au fond de la gorge en commençant par les oreilles. Répétitions des sirènes et des vomissements, sur lesquels Al Kapote et 25g déposent inlassablement leurs poésie délicate et leur bonne humeur.

A la fin du clip (si on arrive jusqu’au bout), l’étrange impression d’avoir été violé nous vient sur le bout de la langue. On est comme écœurés… Pas étonnant vous diront les mauvaises langues, vu la tonne d’insanités débitées à la minute, il y a de quoi avoir le cœur sur la main!

Foutaise. On est juste choqué. Et c’est l’effet recherché. De la violence au premier degré balancée dans tous les sens. Le beat, peu travaillé qui fait inlassablement ses loops se concluant par un motif de caisse claire (appel du pied au Gangsta rap US). Les lyrics qui tournent autour d’une métaphore sexuelle très évidente et peu ragoutante, hachés et répétés avec un flow pénible de va-et-vients sans fin. La mise en scène dans la boucherie, le sang, 25g qui gesticule avec son énorme couteau…

Ils font peur, voilà tout. Loin du rap consensuel de l’Entourage, et des enfantillages des Rap Contenders, ils sont là menaçants, aboyants, prêt à tout faire sauter. On pourrait regretter les années Black Blanc Beur, encore pleines d’espoir, le flow douçâtre de fin de millénaire de MC Solaar. Mais les temps changent, les gens changent, et le rap aussi. La question de la « street credibility » revient sur le tapis. Et même si certains l’évitent, l’ignorent ou l’évacuent, le hip hop appartient à la rue, au quotidien bétonné, aux existences de cages d’escaliers. Le rap est une musique qui se bat qui accuse, et qui s’essaye à donne des réponses.

C’est une musique qui dérange, un truc de barbares, qui fait peur aux vieux, qui fait trembler le pouvoir, qui effraye les bourgeois… On ne pouvait pas vraiment compter sur 1995 ou jazzy Bazz pour secouer les codes et les institutions. L’apologie de la violence, du machisme, des viols, du proxénétisme, du crime a quelque chose de gênant. Mais peut-être est ce parce que la réalité dans laquelle nous vivons est dérangeante. Ce rap fait simplement l’apologie d’une réalité de plus en plus dure à regarder.

On ne dénonce plus simplement les abus de pouvoir, on fait l’apologie de ceux qui arrivent à le contourner ou à le maitriser. Fini le rap misérabiliste, on célèbre désormais ceux qui s’en sortent par la débrouille, les putes, les bandits et les brigands. Dernier clip de Seth Gueko (fils autoproclamé de J. Mesrine) : Dodo la Saumure, ou le proxénète impliqué dans l’affaire DSK du Carlton apparait.

Quoi? Elle est pas belle notre bonne vielle France?

Elle vous plait pas ma France?

Elle nous aime pas la France?

« C’est pas grave jl’a baiserais jusqu’à ce qu’elle m’aime! »

-T’as compris la logique?