Coup de projecteur en ce début de semaine non pas sur un artiste, mais sur un projet de réflexion autour du street art !

Commençons par une petite présentation. A mi-chemin entre le documentaire et la vidéo artistique, No Art No Street fait partie du Dasein Projekt, qui depuis 2008, navigue entre Paris et Berlin pour promouvoir la réalisation de films autour de thèmes divers allant de la musique à la poésie et la mise en place d’événements artistiques. Le projet No Art No Street est donc une sorte de sous-section de ce grand projet, consacré quant à lui au street art à travers une série de six films sur le street art parisien et berlinois réalisée par Estelle Beauvais, avec l’appui de Julio Rölle de 44flavours.

Plus particulièrement, la réalisatrice a voulu se pencher sur « la façon dont le mur comme tableau se construit et évolue via les micro-interventions urbaines, sur les échanges entre les personnes au sein des murs à Paris et à Berlin. » Artistes, graffeurs, plasticiens, ou encore le public lui-même, tous se rencontrent dans ce lieu privilégié de l’art contestataire, la rue. Ainsi, pour Sebastian de 44Flavours, la rue rime avec « mouvement » et « changement » dans le sens où le paysage urbain change constamment et où les murs changent de couleurs au grès des graffeurs qui passent.

Dans la lignée du Dasein Projekt, le projet a voulu mettre en lumière et en vidéo les échanges entre les artistes et leur environnement. C’est le mur qui va être le témoin de ces échanges, et les artistes vont être à leur tour témoins de leur expérience dans les films: leur vision de la rue, leur relation avec les passants, la temporalité de l’œuvre… En même temps, la série appuie sur les relations entre les deux capitales culturelles et artistiques. Alors que les deux sont connues pour être des berceaux de cultures undergrounds, celles-ci se différencient par leur géographie, leur histoire, leur population, jouant aussi sur la façon de percevoir le street art.

Si les documentaires sur le street art commencent peu à peu à montrer leurs bouts du nez, celui-ci cherche véritablement à créer des ponts entre le street art de différentes influences et nationalités, tout en restant underground par le biais de l’intimité des artistes. On a vraiment été séduit par la façon dont on rentre dans la tête des graffeurs qui livrent leurs pensées sur le street art dans les interviews. Plutôt rare pour un monde qui reste habituellement très muet… On retrouve entre autres le crew Klub7, Damien Roudeau, Danny Gretsher, 44flavours ou encore Stör.

A noter que No Art No Street s’est aussi accompagné d’événements qui ont servi de trame aux films où les artistes ont été amenés à peindre, coller ou graffer ensemble lors de jams de graff. Voici donc les deux premiers épisodes de la série. Et pour finir sur une autre belle note, on vous donne rendez-vous dès le 9 juin avec Paris Zone Libre pour continuer cette belle aventure avec le Dasein Projekt et 80 artistes berlinois et parisiens !

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