Nouvel album sans faute pour le groupe The Bamboos du label britannique Tru Thoughts. Medecine Man sorti début juin nous apporte toute la chaleur d’un assortiment de soul et de funk parsemé ça et là de quelques poussées pop et tout ceci fraichement importé d’Australie : Une réussite.

 Ce cinquième album est l’énième confirmation du génie de ce groupe peu reconnu et de la réussite des nombreuses collaborations qui y sont présentes (Ella Thompson, Kylie Auldist, Megan Washington, Bobby Flynn, Daniel Merriweather, Tim Rogers, Aloe Blacc).

Onze pistes qui nous font voyager, nous réchauffent et nous guérissent. L’Homme moderne souffreteux, écrasé par le béton et le train-train de la modernité est entre de bonne main. Medicine Man devrait le guérir de tous ses maux occidentaux en le poussant à regarder un peu autour de lui, et ceci avec ses oreilles. Ouvrons les et observons ce monde qui n’est pas si gris. Fini la déprime, place à la musique.

On se ballade tout au long de l’album, curieux presque étonné de cet étrange mélange punchy entre funk et soul qui garde toute sa fraicheur. The Bamboos ne se sont jamais limités à une simple reprise classique et poussiéreuse de ces styles. Ils se jouent de ceux-ci pour nous manger à toutes les sauces.

Plusieurs morceaux comme « Cut Me Down » rappellent les premiers albums du groupe (Step It Up – 2006) jouant entre un refrain profondément funky chanté par l’australienne Kylie Auldist et des riffs de guitare aériens et assez pop du leader Lance Ferguson. Le groupe est friand de ce genre de cuisine, ils essayent en toute simplicité, goutent à tout, se laissent aller. Et si ils se brûlent, c’est en rythme « I got Burned », avec goût, style et technique ce qui ne saurait nous déplaire.

C’est peut être la preuve la plus évidente du talent des neuf musiciens du groupe : ils donnent à tout ce qui leur passe sous la main une âme et une énergie qui ravit et raviverait n’importe quel auditeur. Prenez la reprise soul de « The Wilhelm Scream » pour une version tout en cuivre et en profondeur. La voix de Megan Washington donne à ce morceau un nouveau souffle, une seconde vie bien éloignée de la version électro-castrée originale.

Cet album s’écoute dans son intégralité comme un menu plaisir, une simplicité délicieuse. On respire, on aspire à cette chaleur venue d’ailleurs ou d’un autre temps. Même Aloe Black a mis de coté ses problèmes d’argent et pose pour une chanson (« Where does the Time go ») tout son groove pour se lamenter tout comme nous sur ce temps qui nous échappe.

Et oui, l’album est déjà fini.

Aucune tournée n’est encore prévue en Europe pour ce nouvel album. Et c’est à mon grand regret car c’est sur scène que ce genre de groupe multi-instrumentiste prend tout son sens (A écouter, l’album live du groupe Listen! Hear!! Live!!! 2008). Ils attendent sans doute le froid et les épidémies du prochain hiver pour se manifester.

On s’le remet en attendant?